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Oriflammes !
Une armée des montagnes à l’aube descendra
A l’aube descendra lourdement harnachée…
En flamme scrutera la plaine en contre-bas
La plaine en contre-bas sous leurs yeux ravagée.
Épousant recourbés en silence la crête
En silence la crête en file resserrée…
Ils suivront étirés ce chemin de sommets
Ce chemin de sommets en sommets escarpés.
Et déjà, et déjà !... parcourant le rocher
Parcourant le rocher enflera la rumeur…
Montera jusqu'à eux de rochers en rochers
De rochers en rochers la sinistre clameur !
De rochers en rochers la sinistre clameur !
Ils auront accroché au côté un pommeau
Au côté un pommeau de joyaux incrusté…
A portée vigilante à son noir fourreau
A son noir fourreau une lame acérée.
A leur front reluisant une étoile gravée
Une étoile gravée de runes enlacées…
Une étoile d'argent étrangement nouée
Étrangement nouée à leurs cheveux bouclés.
Et ils chevaucheront au couvert de l'ombre
Au couvert de l'ombre allongée des pitons…
Et ils s'avanceront jusqu'à cet éperon
Jusqu'à cet éperon surplombant l'horizon.
Jusqu'à cet éperon surplombant... l'Horizon !
Alors ils la verront enfin là dégagée
Enfin là dégagée la plaine convoitée…
Alors à l'horizon la vaste plaine loin
La vaste plaine loin ouverte sous leurs pieds.
Une plaine gonflée des échos de la guerre
Des échos de la guerre emplissant la vallée…
Des armes et des cris et des feux de la guerre
Et des feux de la guerre éclatée... à leurs pieds !
Une armée des montagnes à l’aube descendra
A l’aube descendra lourdement harnachée…
En flamme scrutera la plaine en contre-bas
La plaine en contre-bas sous leurs yeux ravagée.
La plaine en contre-bas sous leurs yeux ravagée.
Au ciel montera en spires de poussière
En spires de poussière la brume fragmentée…
Montera montera en volutes légères
En volutes légères la brume déchirée.
Leurs chevaux secoueront une crinière chargée
Une crinière chargée de sueur et de rosée…
Et ils s'ébroueront en frappant le rocher
En frappant le rocher de leurs sabots cloutés.
Et la brise glaciale en furie cinglera
En furie cinglera leurs visages masqués...
La brise matinale en rafales ploiera
En rafales ploiera leurs cimiers argentés.
En rafales ploiera leurs cimiers argentés.
A l'heure froide alors ici pour un instant
Ici pour un instant se figera le temps…
A l'heure froide alors à leurs tempes le sang
A leurs tempes le sang battra... battra... battra...
Humm humm humm humm
Humm humm humm humm…
Humm humm humm humm
Humm humm humm humm…
Et voici que soudain !... par-dessus le vallon
Par-dessus le vallon Ô Soleil ! Soleil !
Et voici que soudain par-dessus l'horizon
Par-dessus l'horizon émerge le Soleil !
Ses rayons dévoilant Ô Soleil ! une terre
Ô Soleil ! une terre de bois calcinée…
Ses vastes rayons blancs inondant de lumière
Inondant de lumière une sombre journée.
Ses rayons maculant écarlates d'argent
Ecarlates d'argent des livrées éclatantes…
Ses rayons maculant d'azur et de sang
D'azur et de sang des armures luisantes.
Alors Hauts dans le ciel ! Hauts hauts ils déploieront !
Hauts hauts ils déploieront ! Hauts les Oriflammes !
Alors hauts dans le ciel au vent ils claqueront !
A vent ils claqueront leurs bleus Oriflammes !
Oriflammes ! Oriflammes ! Ô Sombres étendards !
Ô Sombres étendards ! Oriflammes Oriflammes !
Oriflammes ! Oriflammes ! Ô Sombres étendards !
Ô Sombres étendards ! Oriflammes Oriflammes !
Une armée des montagnes à l’aube descendra
A l'aube descendra lourdement harnachée…
En cœur chantera la guerre en contre-bas
La guerre en contre-bas à gorge déployée.
Une armée des montagnes à l’aube surgira
A l'aube surgira des funestes brouillards…
Une armée emplira la plaine en contre-bas
La plaine en contre-bas de mille étendards !
Et d'elle surgira une forêt de lances
Une forêt de lances et de piques dressés…
Et d'elle surgira une marée immense
Une marée immense de pointes hérissées !
A Mort ! A mort ) A mort ! La colère et le fer !
La colère et le fer au galot martelés !
A Mort ! A mort ! A mort La foudre et l'enfer !
La foudre et l'enfer au galot déclenchés !
Alors l'avant-bras, la phalange blanchie
La phalange blanchie sous le poids de l'épée…
Alors ils plongeront le regard ébloui
Le regard ébloui dans la sombre mêlée !
Alors l'avant-bras, la phalange blanchie
La phalange blanchie sous le poids de l'épée…
Alors ils plongeront le regard ébloui
Le regard ébloui dans le rouge brasier !
Humm humm humm humm
Humm humm humm humm…
Humm humm humm humm
Humm humm humm humm…
Humm humm humm humm
Humm humm humm humm…
"…
Une mer étoilée, une plage, un rocher, je l’ai déjà foulée, cette grève oubliée…
Une trace, une rive, une pointe avancée, je l’ai déjà aimée, cette île tant aimée…
Au loin glisse une voile bleue sous les étoiles, et mugissent les vagues nues sur le rivage…
Au-dessus du fracas acharné des combats se rassemblent déjà et m’appellent les mouettes…
Approche esquif ! Approche ! Vient, emporte moi…
Approche esquif ! Approche ! Vient là jusqu'à moi, à l'Ouest emporte moi…"
Un homme des brouillards à l’aube émergera
A l'aube émergera une plaie au côté…
Un instant foulera la plaine en contre-bas
La plaine en contre-bas... le corps ensanglanté…
Sylvain Danto